Le dispositif de bourse et de résidence Écrivains en Seine-Saint-Denis accueille trois écrivain·e·s par an en moyenne, sur des périodes de dix à douze mois, avec le parrainage d’une structure culturelle ou sociale du territoire. Créé en 1986 par le Conseil général de la Seine-Saint-Denis, il continue de promouvoir une approche de la littérature sur le mode du partage. Ses deux objectifs sont de donner accès à la création littéraire contemporaine au public le plus large tout en continuant de soutenir le travail d’écriture des auteur·e·s.

En 2020, et avec le soutien financer du Fonds de dotation Interconstruction, cette résidence recevra l’écrivain Alexandre Lenot, en collaboration avec l’association Halage, à L’Île-Saint-Denis. Son premier roman, Écorces Vives, a paru en octobre 2018 aux éditions Actes Sud. Cette invitation marquera une nouvelle étape de son travail, puisqu’elle sera pour lui l’occasion de mettre en place un programme d’activité parallèle à l’univers et à l’engagement qu’il déploie dans son écriture.

Alors que dans Écorces Vives, le paysage du Cantal est mobilisé comme un personnage à part entière, l’auteur souhaite poursuivre des recherches en prise avec des territoires spécifiques. Les zones qui l’intéressent sont souvent celles qui passent pour être des marges ou des périphéries. Les paramètres géographiques, urbanistiques et sociaux qui sont à la source de cet isolement captivent l’imaginaire de l’auteur. L’Île-Saint-Denis est une ville qui concentre des histoires complexes et qui, dans cette perspective, représente elle aussi un creuset de narrations à faire advenir.

Le projet d’Alexandre Lenot se développera en plusieurs volets, dont l’élément central est un atelier d’écriture jeunesse à destination d’élèves de l’école élémentaire Paul Langevin de L’Île-Saint-Denis, qui sera mené en 18 séances de janvier à juin 2020. Des partenariats avec différents acteurs culturels du département permettront aussi de mettre en place des conférences, des projections etc.

« Je fais un lien direct entre la question de notre rapport à la nature et celle de l’enfance. Évidemment, parce qu’il s’agit de préparer les générations futures à un changement de paradigme, mais aussi parce que la perception de ces enjeux fait appel à l’imagination, au rêve, à l’émerveillement. »

Pour aller plus loin :

ROUSSIGNÉ Mathilde, « Écrivains en Seine-Saint-Denis » : une littérature territorialisée ?  https://journals.openedition.org/culturemusees/2077